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sylvain_gregoirePar Sylvain GREGOIRE, Cardif
Responsable Expertise métiers Epargne et Retraite chez BNP Paribas Cardif

La dépendance : un risque à ce jour mal géré

En France, le vieillissement de la population ne cesse de s’accroître avec une espérance de vie qui ne cesse d’augmenter. Selon les projections de population de l’Insee, « le nombre des 75 ans et plus » devrait être multiplié par 2,5 entre 2000 et 2040, pour atteindre plus de 10 millions de personnes.

Nous allons donc être confrontés rapidement à des problématiques de prise en charge des personnes âgées et donc au financement de la dépendance.

A ce jour, c’est l’allocation personnalisée pour l’autonomie (APA), qui apporte une aide financière aux familles ayant à charge une personne âgée dépendante (d’environ 600 euros par mois) sachant que le coût d’une personne dépendante peut varier de 2 à 3 000 euros par mois !

Pourquoi ne pas proposer un crédit d’impôt pour financer la prise en charge de la dépendance ?

Repenser et promouvoir l’épargne retraite : Comment adapter au mieux l’épargne retraite aux besoins du 21ème siècle ? Quelles incitations sociales et fiscales ?

La création d’un compte individuel retraite permettrait d’avoir une vision rapide à tout âge des droits à retraite par capitalisation et par répartition.

LE RIS (relevé individuel de situation) et EIG (estimation indicative globale) permettant d’avoir une vision de sa retraite par répartition.

Ce compte individuel permettrait de piloter au mieux son épargne retraite tout au long de sa carrière.

Quelles incitations sociales et fiscales pour l’épargne retraite ?

Il faut impérativement mettre en avant des incitations fiscales et sociales dans la durée de façon à ce que chaque individu ( personne physique ou morale ) puisse mettre en place un dispositif d’épargne retraite sans avoir à y apporter des modifications ( catégories objectives, calcul du disponible fiscal … )

Plus de souplesse dans la sortie du régime :

Il faut également proposer des évolutions au niveau de la rente viagère.

Un contrat de retraite se dénoue obligatoirement en rente viagère mais il faut faire évoluer ces dispositifs comme récemment pour le PERP avec la possibilité de sortir 20% du capital constitutif en capital.

Pourquoi ne pas harmoniser et ouvrir cette possibilité à l’ensemble des dispositifs de retraite ?

Il conviendrait d’offrir la possibilité à ces contrats de proposer des rentes viagères évolutives.

Dans le cadre de la retraite de base : doit-on permettre aux assurés de choisir l’âge de leur départ, le mode de sortie (type de rentes) ?

Pour pérenniser notre système de retraite par répartition actuel, pourquoi ne pas instaurer la retraite à la carte par points (comme les professions libérales) qui aurait le mérite d’être plus simple, plus lisible et permettrait à chacun de travailler plus ou moins en fonction de ses impératifs et de sa situation personnelle.

L’idée d’une retraite à la carte couplée avec un compte individuel retraite permettait à tous les individus d’avoir une vision globale de sa retraite englobant les régimes par répartition ainsi que l’ensemble des dispositifs individuels (PERP, MADELIN, PREFON) collectifs (Art.83 et versements volontaires, art. 39) et épargne salariale (PERCO).

Chaque assuré disposant d’un compte individuel pourrait ainsi avoir une estimation annuelle de sa retraite par une estimation de rente ainsi qu’une vision de ses cotisations et de celles de son employeur (si salarié).

Ce capital, accumulé tout au long de sa vie active et converti en rente viagère (partielle ou totale) au moment du départ en retraite viendrait compléter sa retraite par répartition.

Ce compte individuel permettrait de piloter au mieux son épargne en vue de la retraite.

Réversion : que faut-il changer ? Faut-il harmoniser les règles ?

Certaines caisses de professions libérales (CIPAV par exemple) proposent en option la réversion au conjoint à 100% .

Pourquoi ne pas proposer ces dispositifs pour l’ensemble des caisses ?

Cela aurait le mérite de mieux piloter sa retraite et notamment la protection du conjoint survivant tant dans une optique retraite que dans un but de financement de la dépendance !